Après 3 jours au portant, la sélection s’opère

Nouvelle nuit agitée pour les 75 concurrents de la Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50. 75, car un nouveau démâtage (le troisième en 24 heures !), celui du Méditerranéen Renaud Chavarria (Béziers Méditerranée) est venu sanctionner une navigation à hauts risques, sous spi et sur mer hachée, à un moment de la course où les Minis 6,50 sont au maximum de leur poids avec l’avitaillement embarquée pour 3 semaines de course. Chacun demeure à l’attaque et en Série comme en Proto, on assiste déjà à l’affrontement entre investisseurs à l’ouest, et conservateurs au centre…

Il est l’un des grands perdants de la première étape : Bertrand Delesne (Zone Large), malgré l’absence de partenaires, faisait au départ de la Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 figure de favori. Puni par son option ouest au large du Cap Finisterre, il n’a signé qu’une très modeste 21ème place à Madère. On pouvait légitimement s’attendre à retrouver « Beber », un poil revanchard, à un rang plus conforme à ses qualités lors de cette seconde étape et le nantais ne déçoit pas ses supporters. Il réalise depuis hier un joli numéro de vitesse pure, épousant avec la qualité de son touché de barre les fluctuations du vent. L’écart avec Sébastien Rogues (Eole Generation-GDF SUEZ) bien déterminé sur sa route plus à l’ouest est minime, mais Delesne, à la faveur des 247 milles couverts ces dernières 24 heures (10,29 nœuds de moyenne !), a relégué à respectivement 9 et 16 milles des « clients » aussi redoutables que Thomas Normand (Financière de l’Echiquier) et Guillaume Le Brec (OCCAMAT/ATD).

A noter dans ce petit « groupetto » de poursuivants, la présence en 5ème place de Sébastien Picault, à la barre de l’un des plus ancien et plus glorieux voiliers de la course, le presque mythique N° 198 – Kickers, plan Magnen de 1997 et vainqueur de cette même transat l’année de sa construction. A noter également le retour parmi les hommes de tête de Nicolas Boidevezi ( Défi GDE) bien discret depuis le départ et désormais en bonne position pour se rappeler aux bons souvenirs des leaders.

Eric Llull (Noble Cocoa) se complait dans le fauteuil de leader des voiliers de Série qu’il occupe depuis déjà plus de 24 heures. Il s’appuie sur un flux mollissant de secteur nord/nord-est pour coller à la route la plus directe vers le passage obligé des îles du Cap Vert et signer de belles journées à plus de 210 milles. Le strapontin de dauphin a, quant à lui, changé de propriétaire. C’est l’étonnant Renaud Mary (runo.fr), pourtant guère épargné par les soucis techniques, avec sa barre de flèche voilée, qui talonne désormais le leader, moins de 11 milles sous son vent. Davy Beaudart (Innovea Environnement) paie avec sa sixième place son investissement dans l’ouest. Sa route très « abattue », plus écartée du lit du vent, lui coûte à la mi-journée une grosse vingtaine de milles de retard sur la tête de course mais le place au coude à coude avec les grosses pointures de la classe, Pierre Brasseur (Voiles Ocean), Gwénolé Gahinet (Asso Watever-gwenolegahinet.com) , Vincent Kerbouriou (CGG Veritas) ou Clément Bouyssou (Douet Distribution)…

Tout ce petit monde anticipe à sa manière à la fois le ralentissement du vent, mais aussi la petite rotation au secteur nord attendue à compter de ce soir et qui rendra la pertinence des empannages encore plus importante. Les concurrents les plus à l’ouest espèrent alors retrouver à leur tour un angle au vent propice à la vitesse sur un bord cette fois très rapprochant, et donc un gain sur la route supérieur à celui de leur petits camarades plus à l’est. Un scenario qui permettrait de revoir à son avantage Benoit Mariette (Odalys Vacances), le vainqueur de la première étape pointé à la mi-journée en 19ème position à 46 milles d’Eric Llull.

Le point sur les aléas de la course

Deux protos sont en situation d’abandon sur l’île de La Palma, tous deux victimes de démâtages. Il s’agit des deux Italiens Andrea Caracci ( Speedy Maltese) et Tiziano Rossetti (Una vela per Emergency). Deux autres italiens, en Série cette fois, sont en difficulté et ne sont toujours pas repartis de Ténérife : Sergio Frattaruolo (Bologna in Oceano) au niveau de Candelaria et Giacomo Sabbatini (Scusami le Spalle) à Santa Cruz de Ténérife. Le navigateur chinois Guo Chuan (Vasa) est sur l’île de la Gomera et déplore un safran brisé. Renaud Chavarria (Béziers Méditerranée) se trouve actuellement à 96 milles dans le sud-ouest de l’île de Hierro (archipel des Canaries). Renaud a réussi à confectionner un gréement de fortune pour rallier l’archipel espagnol par ses propres moyens.

Classement Prototypes à 12h00

1. Bertrand Delesne (Zone large) à 2 443,69 milles de l’arrivée
2. Sébastien Rogues (Eole Generation – GDF SUEZ) à 2,18 milles du leader
3. Thomas Normand (Financière de l’Echiquier) à 9,48 milles du leader

Classement Série à 12h00

1. Eric Llull (Noble Cocoa) à 2 506,04 milles de l’arrivée
2. Renaud Mary (runo.fr) à 10,86 milles du leader
3. Pierre Brasseur (Voiles Ocean) à 17,93 milles du leader

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